Le bestiaire caché de l’Ultieme Hallucinatie
- 20 mai
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 24 mai
À l’Ultieme Hallucinatie, il y a ce que l’on voit… et ce qui nous regarde.
Derrière la signature discrète de L. Rion, un bestiaire se glisse dans le décor, presque en silence, sur les cache-radiateurs de la maison. Faisans, pélicans, poissons, paon… autant de présences qui accompagnent la visite, sans jamais se dévoiler complètement. Ici, rien n’est purement décoratif.
Et si ces créatures avaient quelque chose à vous dire ?

Ce que le décor ne dit pas tout de suite
Tout commence à peine la porte franchie. Sur la gauche, deux faisans vous attendent. Oui, attendent, car leur face-à-face n’a rien d’anodin. Ils ne fuient pas, ils observent. Le faisan, dans les traditions symboliques, n’est pas un oiseau d’excès mais d’équilibre. Une élégance posée, presque diplomatique. Ici, il semble poser une première question silencieuse : êtes-vous vraiment entré… ou seulement passé ?
Quelques pas plus loin, changement d’ambiance. Dans la salle de billard, deux pélicans prennent le relais, moins décoratifs qu’ils n’en ont l’air. Au Moyen Âge, on racontait que le pélican n'hésitait pas à se blesser lui-même pour nourrir ses petits. Une image saisissante devenue symbole de sacrifice et de régénération. En alchimie, il devient même un outil : un vase fermé où la matière se transforme sur elle-même, en circuit continu. Autrement dit, ici, on ne triche pas, la transformation vient de l’intérieur.
Puis viennent les poissons, dans la salle à manger Cohn-Donnay et à l’entrée de l’ancien jardin d’hiver. Ils sont bien là, visibles, assumés. Mais leur langage est différent. Le poisson n’impose rien : il glisse. Il évoque les profondeurs, ce qui circule sous la surface. Dans de nombreuses traditions, il symbolise la vie, la transformation silencieuse, parfois même une forme de connaissance cachée. Ici, il ne s’agit plus de comprendre, mais de ressentir. Le regard devient plus lent, plus souple. On commence à voir autrement.

Le paon de l’Ultieme Hallucinatie : la révélation
Et puis, il faut monter. Tous ne le font pas. Mais ceux qui s’aventurent jusqu’au premier étage croisent parfois un paon. Majestueux, forcément. Mais surtout… révélateur.
Le paon est un symbole ancien, chargé, presque excessif. Dans les mythologies, il est lié à la vision, à la conscience, à ces fameux “yeux” déployés dans sa roue. En alchimie, il correspond à un moment très précis : celui où, après l’obscurité, apparaissent enfin les couleurs. On appelle cela la Queue du Paon. C’est le signe que quelque chose a commencé à se transformer, mais que tout reste encore à accomplir.
Autrement dit, si vous arrivez jusqu’ici, vous n’avez rien “terminé”. Vous avez simplement appris à regarder.
Et c’est peut-être ça, le véritable luxe de l’Ultieme Hallucinatie : un lieu où même les cache-radiateurs ont quelque chose à raconter… à condition de leur laisser le temps.

Un détail du décor… ou un seuil à franchir ?
La prochaine fois, vous passerez peut-être devant ces panneaux sans y prêter attention. Ou peut-être que vous ralentirez, juste un peu.
Cherchez les faisans. Laissez-vous surprendre par les pélicans. Suivez les poissons. Et si vous croisez le paon… vous saurez que vous êtes allé un peu plus loin que prévu.
C’est souvent comme ça que commencent les meilleures histoires…
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