Lindemans, le plus Art Nouveau des brasseurs belges
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Il y a des bières qui se boivent. Et d'autres qui en plus se racontent. À l'Ultieme Hallucinatie, on aime les belles histoires, et celle de Lindemans, on voulait vous la raconter depuis longtemps. Une brasserie familiale née dans les champs du Pajottenland, deux siècles de savoir-faire et une âme étonnamment proche de la nôtre. Alors, pour en percer les secrets, nous sommes allés à la rencontre de leur account manager, Nico De Bell.

Une bière née de la terre
Tout commence en 1822 à Vlezenbeek, au cœur du Pajottenland. À l'époque, Joos Frans Lindemans et son épouse Francisca sont agriculteurs. Fille de brasseur, elle n'a pas attendu longtemps pour mettre son savoir-faire à profit. Le soir venu, ils brassent pour désaltérer leurs ouvriers des champs. Ce qui fut initialement un geste de générosité devient rapidement une passion, puis une vocation. Deux siècles plus tard, six générations ont perpétué cet héritage. « Si je devais résumer Lindemans en deux mots ? Familial et authentique », nous confie Nico lors de notre rencontre. La petite ferme-brasserie est aujourd'hui la plus grande brasserie familiale de lambic au monde, exportant dans plus de 50 pays, sans jamais renier ses origines.
Un cadeau de la nature
Ce qui rend Lindemans unique, c'est le lambic. Et le lambic, c'est l'art de laisser la nature travailler. La brasserie utilise la fermentation spontanée pour créer ses bières, et le principe est fascinant. Le moût (un mélange d’eau, d’orge maltée, de froment et de houblon suranné) est exposé à l'air libre dans un grand bac ouvert. Les levures sauvages de la vallée de la Senne font le reste. Les brasseurs n’ajoutent donc aucune levure ! Cette méthode ancestrale est restée intacte au fil des siècles. Puis vient le temps de la patience… Six à sept mois de fermentation lente et plusieurs années de maturation dans d'immenses fûts de chêne.

🍺 Le saviez-vous ? Durant la Seconde Guerre mondiale, la famille Lindemans a tout fait pour protéger ses précieuses cuves en cuivre. Pour éviter qu'elles ne soient emportées par l'occupant, ils ont eu l'idée incroyable de cacher la cuve emblématique... au fond d’un étang voisin ! Ce n'est qu'une fois la paix revenue qu'elle a été ressortie et remise en état pour reprendre du service. |
Le "Champagne du Pajottenland" à votre table
Une fois mis en bouteille, le lambic refermente une seconde fois et se transforme en gueuze. Le nom vient d'ailleurs de « gazeux », et c'est lors de cette refermentation que les sucres naturels produisent les bulles. Mais comme pour un grand vin, chaque brassin est unique, influencé par la température, l'humidité, les humeurs de la nature. Pour garantir une qualité constante malgré ces variations, les maîtres brasseurs assemblent plusieurs brassins entre eux pour offrir au fil du temps ce parfait équilibre entre acidité et fraîcheur qui la définit.
« On peut comparer le lambic au champagne. C'est la même méthode de fabrication. La bière refermente dans nos fûts de chêne, puis encore en bouteille. On appelle ça le champagne du Pajottenland. » - Nico De Bell
Le voyage qui fit sauter les bouchons
D’ailleurs, au 19e siècle, les brasseurs de lambic allaient à Bruxelles récupérer des bouteilles de champagne vides parce qu’elles étaient les seules assez solides pour résister à la pression de la refermentation du lambic.
Et en parlant de pression… Nico nous a confié une délicieuse anecdote sur la Kriek.
À la fin des années 1970, Charles Finkel, un importateur américain, convainc la famille Lindemans d'exporter ses bières aux Etats-Unis. Ce que personne n'avait anticipé, c'est que la houle des vagues en mer allait réactiver la fermentation dans les bouteilles, mettant les bouchons sous une pression telle qu'ils ont sauté durant le voyage.
René et Nestor Lindemans auraient pu abandonner… Mais ils ont innové ! Pour stabiliser la bière et la rendre compatible avec le transport international, ils ont mis au point une nouvelle méthode. Un jus de griottes fraîchement pressé, macéré avec un lambic d'au moins un an, puis pasteurisé pour stopper la fermentation après la mise en bouteille.
La Kriek peut désormais voyager aux quatre coins du monde, mais pour ceux qui veulent la recette d'origine, la méthode traditionnelle perdure sous la Lindemans Oude Kriek Cuvée René.

Lindemans ne s'est jamais figée dans le passé. Fidèle à sa méthode de fermentation, elle continue pourtant de bousculer les codes. Dernièrement, la brasserie nous a surpris en proposant des créations inattendues comme des lambics infusés au basilic ou au gingembre, et même des versions sans alcool. Comme le résume Nico : « Nous restons authentiques, mais nous continuons à surprendre. »
L’Art Nouveau dans chaque bouteille
Regardez attentivement nos deux logos. Rien ne vous saute aux yeux ?

Les courbes entrelacées, la typographie qui semble tout droit sortie d'une affiche Belle Époque… Ce n'est pas un hasard. Lindemans est sans doute le plus Art Nouveau des brasseurs belges, et ça, ça nous parle ! Comme ce mouvement qui a voulu faire entrer la beauté dans le quotidien, cette brasserie légendaire a fait du lambic une bière pour tous. Deux univers que tout semblait séparer, jusqu’à ce qu’on y regarde de plus près. « De Ultieme Hallucinatie respire l'Art Nouveau comme nous l'exprimons sur nos bouteilles. C'est un mariage parfait », s'enthousiasme notre interlocuteur. Comme quoi, entre nos murs et leurs bouteilles, l'Art Nouveau ne se contemple pas seulement… Il se déguste.
Une gorgée de soleil
Pour Nico De Bell, le retour du soleil rime avec gamme fruitée : « je trouve qu’elle est très sympa en été, c'est un passe-partout ». Légères, pétillantes, accessibles à tous les palais, il y a forcément une Lindemans pour votre moment en terrasse.
Pour une expérience plus authentique, la Vieille Gueuze reste l'incontournable. Une bière de caractère, proche du lambic originel, qui raconte l'histoire de la brasserie à chaque gorgée.
Côté cuisine, on nous souffle à l'oreille que la Kriek sublime nos boulettes sauce tomate, tandis que la Faro est la partenaire idéale de nos carbonnades pour retrouver tout le goût du Bruxelles d’antan.
Vous connaissez désormais l'histoire. La prochaine étape, c'est la dégustation.
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